Kevin LÖSER

KevinLoser

Comment avez-vous découvert la Fondation CFM pour la Recherche ?

Alexandre Allauzen, mon directeur de thèse, et François Yvon, le directeur du LIMSI où j’effectue ma thèse, m’ont conseillé de postuler à la bourse CFM lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois afin de discuter de mon futur sujet de recherche.

Qu’est-ce que la Fondation vous apporte ?

Je suis très reconnaissant à la fondation CFM qui m’apporte un salaire durant les trois années que durent ma thèse, ainsi qu’un financement supplémentaire lorsqu’il s’agit de partir à l’étranger pour assister à des conférences. Ceci me permet un confort suffisant en termes de budget afin de pouvoir me consacrer sereinement à mes recherches.

Pourquoi avoir choisi votre domaine d’étude, qu’est-ce qui vous a attiré dans la matière que vous étudiez ?

J’avais débuté mes études supérieures en suivant une formation de maths fondamentales à l’ENS, mais vers le niveau Master, l’élégance des constructions extrêmement abstraites que je manipulais quotidiennement n’a plus suffi à me satisfaire, et j’ai ressenti le besoin de travailler sur des sujets plus appliqués. J’ai alors étudié l’intelligence artificielle à Paris 6. Ce domaine m’attirait car il me semblait très pluridisciplinaire, mêlant mathématiques, informatique, économie et sciences cognitives, et permettait des allers-retours entre des thèmes très abstraits comme la logique, et des thèmes plus concrets comme la reconnaissance d’images ou de parole, conformément à la tension entre goût pour l’abstraction et besoin d’application que je ressentais. Dans le domaine de l’intelligence artificielle, j’imagine que le traitement du langage m’a particulièrement attiré de par mon goût pour les langues (venant notamment d’une famille multilingue) et d’un intêret pour la linguistique que j’avais développé au cours de lectures. De plus, je trouve particulièrement intéressante l’approche statistique en traitement du langage, qui consiste à apprendre automatiquement des modèles de langage ou de traduction à partir de textes bruts et sans inculquer à la machine des règles explicites. J’ai été notamment fasciné en découvrant des algorithmes qui étaient capables d’apprendre par eux-mêmes la grammaire sous-jacente à un texte, et d’une certaine manière de reproduire le processus d’apprentissage d’une langue par les enfants. Enfin, ce domaine m’attire car il présente à la fois des applications utiles à court terme, tout en offrant la promesse de progressions majeures à l’échelle de plusieurs décennies. A court terme, le perfectionnement de systèmes de traduction automatique, d’interaction homme-machine, d’aide aux personnes handicapées. A long terme, le rêve de créer des machines capables de comprendre des pans de plus en plus larges du langage humain.